Proposition d'un schéma pour aider à penser la programmation des apprentissages.
la classe interactive
Blog du site de Vincent Breton "la classe interactive"
dimanche 18 décembre 2011
la programmation
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appropriation,
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stabilisation,
transfert
samedi 10 décembre 2011
l'école est le reflet de la Société
Il n'est pas une réunion où l'on n'entende cette antienne : l'école est le reflet de la Société.
L'école perméable aux évolutions du siècle connaitrait un ensemble de difficultés liées au contexte social, à la crise, au manque de repères, à la violence...
L'une des difficultés d'enseigner aujourd'hui tiendrait à cette évolution qui rendrait les élèves moins faciles à éduquer, plus hétérogènes, moins motivés, moins soumis à l'autorité des maîtres...
Ces derniers tenteraient d'enseigner ce qu'ils peuvent contre un Monde dont les valeurs s'opposeraient à celles de l'école : perte du sens de l'effort, consumérisme, médiacratie soumise à la dictature de l'image et de la vitesse...
Chacun complètera...
Tout cela s'accompagne de constats regrettant un âge d'or où cela aurait été plus facile...
Ce qui forcément nous montre la faiblesse de notre mémoire : les instituteurs de Jules Ferry devaient parfois aller chercher eux-mêmes les petits paysans dans des familles qui ne voyaient guère l'intérêt de l'école, en 1960 un élève sur deux seulement allait en sixième... en 1997 seulement un actif sur quatre possédait le bac...
L'un des réflexes peut-être d'en vouloir alors à la massification et de proposer de revenir à un enseignement orienté selon la classe sociale d'origine. Des projets sont déjà concoctés dans des marmites politiciennes dont la sauce est gâtée par un fiel de la pire espèce...
L'école est une étrange institution qui n'est pas que scolaire : sociale elle est à la fois lieu d'unification (tous les citoyens sont appelés en théorie à y passer) et de différenciation (chacun doit pouvoir s'émanciper de son contexte d'origine et se révéler dans son propre talent)...
Les maîtres posent souvent que les préalables nécessaires à une bonne scolarité des enfants qui leurs sont confiés ne sont plus assurés.
A l'inverse, d'autres désigneraient volontiers l'école et ses maîtres comme les grands coupables où le manque de volonté et de courage en n'osant plus imposer un cadre rigoureux permettant seul la transmission effective des connaissances rendraient impossible une évolution positive.
Chacun pétri de moraline trouvera bien son coupable ou pire encore renoncera face à l'ampleur supposée de la tâche...
Nombreux dans les écoles sont les maîtres et les élèves à ne plus être heureux, à se sentir fatigués et les mises en tension successives d'un pilotage politique aux intentions à la fois erratiques et idéologiques n'ont pas facilité la lisibilité...
"C'est bien complexe" disent les plus volontaires et ce que tentent les uns et les autres s'exerce souvent sur le territoire local...
Il n'empêche qu'affirmer que l'école est le reflet de la Société, c'est peut-être oublier que la Société est aussi le reflet de l'école et que les troubles de l'une nourrissent l'autre.
L'école n'agit pas seulement pour servir le Monde, elle s'adresse aux personnes et agit à son tour sur le Monde...
Elle doit permettre la rencontre, elle doit aider chacun d'entre nous à oser s'émanciper de son destin, à choisir...
L'école reste cet espace unique qui fait le pari de l'éducabilité, de l'intelligence pour tous... En ce sens elle doit oser dire qu'elle veut aider d'abord le plus fragile, elle doit minute après minute s'interroger sur l'exclusion qu'elle fabrique ou alimente elle-même et qui commence dès lors que l'école parle aux élèves et aux parents...
Sans culpabiliser, il s'agit d'apprendre à se regarder en face.
La Société n'est pas un animal extérieur à nous mêmes : la regarder avec amertume ne sert pas à grand chose, il n'y aura pas de transformation magique. L'intention politique nous aidera mais aussi notre propre prise de conscience.
En cela l'école d'aujourd'hui conserve un cousinage avec celle de Jules Ferry : il y eut une volonté forte qui s'exprima non sans difficulté depuis Guizot... mais il y eut aussi et surtout des femmes et des hommes, acteurs convaincus du quotidien qui croyaient dans la science, le progrès, la rationalité, la solidarité... Sans la force de cette volonté individuelle, le projet collectif aurait vite capoté...
Si de nouveaux chemins sont à trouver et qui s'expriment déjà, ce n'est que par cet engagement militant au sens noble du terme, alliant pragmatisme et valeurs que l'école retrouvera sa pleine place.
samedi 15 octobre 2011
enseigner n'est pas faire deviner de quoi on parle
Un certain nombre d'enseignements sont menés avec le souci de placer les élèves en situation de recherche. Susciter l'activité intellectuelle de l'élève est important.
Encore faut-il que la situation de découverte ou la situation problème soit en rapport direct avec la notion à étudier.
Ce n'est pas toujours le cas...
L'élève est souvent prié de classer, trier de l'information, de faire des constats ou de poser des questions et le maître d'écouter non pas les propositions de l'élève en tant que telles mais de repérer si les propositions de l'élève répondent à son objectif.
"Ton classement est intéressant mais ce n'est pas ce que j'attendais".
Soit, mais sans objectif assigné comment savoir où viser ?
S'agit-il d'une loterie ?
L'ennui c'est que la langue scolaire s'adresse d'abord aux initiés capables de lire entre les lignes, de faire du lien et de reconnaître dans l'allusion ou le décors que l'on parle d'un thème donné.
L'ennui c'est que l'angle de vue de l'élève n'est pas celui du maître et que pire encore en lui proposant cette mise en scène on peut l'enferrer dans une activité et une représentation quitte à le noyer puis jeter l'eau du bain pour lui dire, non finalement," tu me parlais de ça mais voici de quoi je parlais"...
Et ce n'est pas en se dédouanant à bon compte du fait qu'un ou deux élèves auront trouvé "la bonne réponse" que nous aurons progressé.
Ce n'est pas pour autant que la transmission magistrale de la notion évitera tous les risques.
Ce qu'il nous faut développer c'est un enseignement explicite.
Un exemple ? Si je veux travailler les différents types de phrases, je peux demander à un groupe d'élèves de trier un corpus de phrases selon ses propres critères. Le contexte, le vocabulaire, divers éléments parasites vont induire des modes de classement tous légitimes si l'élève sait les justifier mais dont il y a peu de chances qu'ils permettent d'emblée de trouver les quatre types de phrases... sauf pour celui qui a su deviner le contexte, celui qui sait déjà...
En revanche, si j'indique à mes élèves que nous allons travailler "les types de phrases", si je fais préciser ce que ce mot de "type" peut vouloir dire, si je propose d'emblée de classer en quatre catégories et que j'affirme qu'aucune de ces catégories ne sera vide avec ce corpus de phrases simples que j'ai bien choisies, alors je crée une authentique situation problème...
Encore faudra-t-il pour les plus jeunes élèves que je veille à choisir d'abord un corpus sans ambiguïté....
Je peux également proposer directement un tableau de phrases classées et inviter mes élèves à trouver le critère de classement et à rechercher ensuite des phrases qui répondraient aux mêmes exigences.
On pourrait réitérer avec le travail mené en sciences, en mathématiques...
Encore une fois, il faut que chaque maître interroge l'appareil pédagogique qu'il met en place et le pense en clarté cognitive et en "bonne économie" entre l'intention qui est la sienne et l'action qu'il va demander à ses élèves...
mardi 11 octobre 2011
c'est la Société qui évolue !
Constat désabusé d'enseignants à propos des élèves qui "ne savent plus", "se tiennent si mal", de leur goût de l'effort peu présent, de leurs parents consommateurs critiques prompts à la judiciarisation....
"C'est la Société qui évolue" .
Comme une fatalité extérieure à nos propres ambitions.
Pourtant, il fut une époque pas si lointaine où les maîtres devaient convaincre pour faire que leurs élèves fréquentent l'école (et la publique plutôt qu'une autre), consentent à l'effort intellectuel et délaissent les tâches agricoles, un temps où l'on devait enseigner l'hygiène et prendre parti contre l'alcooolisme envahissant...
La discipline ou le "bon comportement" de nos élèves lorsqu'ils sont vus comme un préalable aux apprentissages, lorsqu'ils sont compris comme des acquis familiaux et non comme des conquêtes construites et apprises aussi grâce à l'action des maîtres, restent des points de tension où des modèles éducatifs ne feront que s'opposer...
L'autorité et le respect, s'ils sont vus comme des valeurs négatives avant d'être structurantes, s'ils sont appliqués de manière descendante et non "responsabilisante"continueront de susciter et de générer de l'injustice.
Aux maîtres d'initier au goût de l'effort et de faire partager le bonheur d'un savoir acquis, aux maîtres de donner de la saveur au savoir et d'offrir à l'élève la possibilité de grandir et de gagner un peu de pouvoir grâce au savoir.
Aux maîtres d'oser être acteurs de la Société et de se poser en porteurs de connaissances à partager.
dimanche 25 septembre 2011
de la lecture...
Quelques remarques :
Nous enseignons en classe donc collectivement, un exercice qui doit au final se conduire seul.
La lecture exige un apprentissage de la solitude, une capacité à se retrouver avec soi-même et tenir son but. En cela elle dérange, surtout si on la confond avec l'individualisme.
La lecture exige de dégager du temps, de ce temps décroché du Monde qui n'appartient qu'au lecteur.
Le maître qui assure être pressé par les programmes ne concèdera que rarement un temps significatif à la lecture en classe : la sienne aux élèves, la sienne devant les élèves... puis du temps à chacun pour lire et pas seulement à l'élève rapide et victorieux des exercices à produire ... (Cette aptitude qu'ont certains élèves à faire vite et bien pour aller vite retrouver les livres... luxe qui doit sa part au déterminisme social et récompense toujours les mêmes, accentue la fracture sociale et culturelle avec les autres...).
Lire en classe ce n'est souvent que lire pour répondre à un questionnaire écrit ou oral dans un temps balisé et guidé à l'extrême...
Le vrai lecteur est profondément libre, émancipé de la nécessité d'avoir à rendre compte, il doit pouvoir et savoir choisir.
On enseigne peu à choisir.
On parle beaucoup d'autonomie à l'école pour constater souvent que l'élève "manque d'autonomie", on enseigne rarement le chemin qui mène à l'autonomie...
Inquiets de voir des élèves absorbés et débordés par le décodage en lecture, nous avons axé nos objectifs sur ce point laissant sur le côté la compréhension ou pensant ne pouvoir la traiter que "plus tard" (tu comprendras quand tu seras grand).
La "basse mécanique" du décodage ne mérite pas l'opprobre, elle peut même être ludique, utile à intégrer les régularités de la langue pour peu que l'on ne mente pas aux enfants en voulant à tout prix faire simple (le problème des lettres muettes qu'un "étapisme" mal venu veut masquer), elle - cette pratique du décodage - peut encore aider à intégrer l'orthographe lexicale...
Celles et ceux qui par chance, ont eu très tôt la fréquentation facile des textes ont su contre la doxa environnante se dispenser de la mécanique répétitive ou même de l'école pour apprendre à lire (c.f. le jeune Sartre et l'apprentissage de la lecture ), mais ils sont rares et arriveront en général à l'école déjà très outillés...
Un peu plus loin, nous avons pensé "lexique"(travailler le lexique chaque jour et dès le plus jeune âge) , puisqu'il fallait pouvoir référer la pensée à un "dictionnaire mental", puis éclairés par les évaluations nous sommes revenus sur la compréhension et le lien à l'écriture.
Travailler la compréhension à l'école primaire ( et au collège), reste souvent pour les maîtres user du "questionnaire", lequel ne fait rien qu'aider à vérifier cette compréhension mais n'enseigne pas à comprendre un texte...
Ce qui nous conduit à développer chez l'apprenti lecteur l'attitude experte qui consiste à savoir lever les pierres, chasser les implicites, éclairer à l'aune culturelle et par dessus tout aider le jeune lecteur à reconnaître et faire du lien.
C'est ce travail qui nous incombe dès l'école maternelle.
Avec en arrière plan, la lancinante inquiétude d'un enseignement transmis par des maîtres qui ne sont peut-être plus lecteurs d’œuvres eux-mêmes... Il faudra penser à réalimenter leur curiosité...
Les approches utilitaristes de la lecture sont réductrices. La lecture sera toujours l'objet de vifs débats et d'abord parce qu'elle est intrinsèquement subversive et émancipatrice.
Contre l'opinion faite, il reste encore beaucoup à inventer et innover en matière d'enseignement de la lecture. Un enseignement qui se penserait dans une approche plus systémique et oserait la perspective du socle commun...
lundi 19 septembre 2011
de la massification à la personnalisation ....
N'oublions pas : en 1960 un élève sur deux seulement atteignait la sixième.
En 1997 un élève sur deux obtenait bac !
Certains pensent peut être que "massifier" c'est dévaloriser le diplôme, en réalité, ils voudraient surtout limiter de fait l'accès à la connaissance.
La connaissance aujourd'hui n'est plus l'apanage exclusif de l'école qui doit cependant organiser, structurer, stabiliser le savoir.
Il ne s'agit donc pas de faire appel à de vieilles recettes mais de penser les choses autrement : transmettre des connaissances stables en prenant en compte la diversité des publics et en s'adaptant aux besoins de chacun.
C'est la personnalisation de l'enseignement et la vision "curriculaire" des apprentissages (on apprend tout au long de sa vie pour savoir gérer des évolutions qui ne cessent d'accélérer (les connaissances elles mêmes évoluant très vite...).
Autrefois, tous les enfants n'entraient pas dans la maison école.
Aujourd'hui ils sont là, mais tous ne disposent pas du "décodeur" qui leur permet de parler la langue de l'école... une langue qui n'est pas seulement le français de communication et ses dérivés culturels et locaux.
Le maître, arrivé souvent par son propre parcours avec "un décodeur intégré" ne voit pas toujours ce qui peut faire obstacle.
Où enseigner c'est accepter de refaire le chemin avec cette double capacité : comprendre ce que l'élève perçoit de la notion, tout en étant en mesure de démonter la notion elle même.
C'est le dialogue permanent entre la pédagogie et la didactique.
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jeudi 1 septembre 2011
le risque du projet pédagogique
"J'ai beaucoup de projets pour la classe cette année" dit la maîtresse enthousiaste.
S'il n'est pas question de fermer la porte à tous les supports et les actions qui permettent d'ouvrir la vie de la classe, il faut tout de même s'interroger sur le risque d'un projet (ou de projets), conçu(s) du point de vue du maître sans tenir toujours compte du parcours des élèves et des besoins personnels de ceux-ci...
On voit parfois des maîtres qui chargent encore une barque qu'ils disent pourtant déjà pleine d'exigences liées aux programmes. Des maîtres qui se donnent des urgences et priorités multiples qui peuvent se montrer envahissantes et surtout masquer les véritables priorités.
Ce qui ne veut pas dire, encore une fois, qu'il n'est pas intéressant de se donner un projet transversal qui permet notamment de travailler des compétences complexes, de favoriser les transferts et transpositions... tout cela s'entend... mais ni les habitudes, ni les seuls goûts du maître ne doivent prévaloir. Ce n'est pas le projet que l'on doit mettre en vitrine mais ce qu'il permet d'apprendre et les progrès qu'il favorisera chez chacun...
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